Instabilité de l’épaule

L’instabilité de l’épaule est une affection fréquente.

Mis à jour le 2012-01-09 14:40:24

L’instabilité de l’épaule est une affection fréquente. Elle touche souvent les sportifs, jeunes pratiquant les sports de contact ou de lancer, mais elle se rencontre à tous les âges Sa traduction clinique est variable : elle va de la luxation de l’épaule à une simple gène douloureuse lors de certains mouvements Elle est liée à la structure anatomique particulière de l’articulation

Un peu d’anatomie et de physiologie

Par sa structure anatomique, l’articulation de l’épaule est la plus mobile du corps humain. Par contre, elle est aussi la plus instable. La tête de l’humérus (qui correspond à un tiers de sphère) s’articule avec la glène de l’omoplate qui est de petite dimension et très légèrement concave. La stabilité de l’épaule est essentiellement assurée par les structures capsulo-ligamentaires et de façon moindre par les éléments tendino-musculaires.

Les lésions du bourrelet, structure fibro-cartilagineuse qui entoure la glène, et des ligaments qui s’y attachent sont dans la majorité des cas à l’origine de l’instabilité. Celle ci est dans 95 % des cas antéro-interne c’est à dire que l’épaule se déplace ou se luxe en bas et en avant. Dans les 5 % restants, elle se fait vers l’arrière.

Des lésions osseuses au niveau de la glène (abrasion) et de la tête humérale (encoche osseuse) dont l’existence est liée aux instabilités aggravent le caractère instable de l’épaule et sont donc des éléments péjoratifs.

Les lésions des tendons de la coiffe des rotateurs, essentiellement le sous scapulaire, peuvent aussi favoriser l’instabilité.

Les signes cliniques

- 1 Luxation complète La forme la plus évidente est la luxation complète de la tête humérale par rapport à la glène de l’omoplate. Elle survient la première fois après un choc ou un mouvement contré violent. Par la suite, elle pourra survenir à la suite d’un choc beaucoup moins important voire même lors d’un simple mouvement. Elle se traduit par une douleur importante, une impotence fonctionnelle, et une déformation caractéristique de l’épaule.

- 2 Les sub luxations Lors de certains mouvements, le patient ressent le glissement de sa tête humérale en avant mais il n’ y a pas de luxation et la tête revient en place

- 3 Forme douloureuse De simples douleurs, chez un sujet jeune et sportif, doivent faire évoquer le diagnostic.

- 4 Hyperlaxité Chez certains patients, hyper laxes : le patient se luxe très facilement, sans qu’il ait eu un premier épisode violent. Certains patients arrivent même à se luxer volontairement .

Conduite à tenir

En dehors de la situation d’urgence d’une luxation complète qui demande une réduction le plus rapidement possible après un cliché radiographique . Cette réduction se fera le plus souvent sans anesthésie

Traitement de l’instabilité chronique

Il est chirurgical

Il existe deux types d’interventions pour traiter le problème de l’instabilité.

Les réinsertions et rétention capsulo-ligamentaires dont la plus connue est l’intervention de Bankart. Cette technique initialement réalisée à « ciel ouvert » est maintenant réalisée sous arthroscopie ce qui diminue l’agressivité chirurgicale et permet une réinsertion plus précise.

Les techniques de butée osseuse (dont la plus connue est celle de Latarjet). Elle utilise un os de l’omoplate : la coracoïde et le tendon du coraco-brachial qui, une fois mis en bonne position, réalise un frein antérieur puissant.

Les indications chirurgicales

Il ne faut pas être systématique dans le choix de l’intervention. Les deux techniques donnent globalement d’excellents résultats d’autant plus si elles sont utilisées rigoureusement. Pour cela, il faut systématiquement réaliser, lors de la consultation, une évaluation précise de la situation clinique et un Score d’ISIS. Ce score est basé sur les renseignements d’interrogatoire, d’examen clinique et des radiographies standards. En fonction de son résultat, on s’orientera vers telle ou telle technique.

Pour exemples

- Le patient jeune, pratiquant un sport de contact avec des lésions osseuses sera une bonne indication de butée
- La femme trentenaire présentant des subluxations sans lésions osseuses se verra plus proposer une arthroscopie

informations complementaires

Les Suites Opératoires

L’épaule est immobilisée par un immobilisateur d’épaule pour une période de deux à trois semaines. Une rééducation est alors débutée. La période d’indisponibilité sportive peut aller jusqu’à six mois pour les sports de contact. L’arrêt de travail varie entre un et deux mois.

Complications

- les récidives varient entre 3 et 6 % selon les techniques

- un degré de raideur en rotation externe est fréquent : il s’améliore le plus souvent avec le temps

Complications non spécifiques : algodystrophie, capsulite rétractile et infection.

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examens

diagnostic

Examen clinique Lors de l’examen on recherche, par des manœuvres spécifiques, à mettre en évidence l’instabilité de l’articulation

Examens complémentaires En dehors des situations en urgence où un simple cliché de face suffit, les radiographies standards avec 4 incidences apportent de précieux renseignements sur les structures osseuses Arthroscanner , voir arthro IRM sont utiles si un geste chirurgical est envisagé